Dvorak : Les Danses Slaves

Au moment où Dvorak commence ses Danses Slaves, la musique "folklorisante hongroise" jouit d'une certaine renommée internationale : Josef Haydn, resté presque 30 ans au service des princes Esterházy, aimait écrire des épisodes alla zingarese dans sa musique. Franz Schubert s'inspire à plusieurs reprises du "folklore" hongrois. La Marche de Rakóczi suscite l'enthousiasme, que ce soit dans la Marche Hongroise d'Hector Berlioz ou dans la quinzième des 19 Rhapsodies Hongroises de Franz Liszt, pièces parmi les plus populaires de leurs auteurs. Johannes Brahms lui-même incorpore des passages au caractère hongrois dans ses œuvres sérieuses de musique orchestrale ou de chambre.Dvorak a donc l'occasion de mettre, le premier, son savoir-faire de compositeur et d'orchestrateur au service des musiques populaires slaves. Il écrit deux séries de 8 danses chacune, datées de 1878 et de 1886. Dans leur version symphonique, les Danses Slaves ne sont jamais vulgaires, reproche que l'on adresse fréquemment, à tort ou à raison , aux orchestrations des Danses Hongroises . Dvorak n'a laissé à personne d'autre que lui le soin d'orchestrer ses Danses : il commença ce travail avant même d'avoir terminé la première série pour piano. En ex-musicien d'orchestre, il sait comment tirer la quintessence de ses éclatantes mélodies. L'art orchestral de Dvorak s'épanouit dans toute sa plénitude.
Dvorak était un re-créateur. Il assimilait l'esprit de musiques existantes pour créer de toutes pièces un faux folklore. Ses Danses Slaves en sont l'un des meilleurs exemples. À l'opposé de Brahms, qui arrange dans sa première série - peut-être sans le savoir - des œuvres de musiciens populaires hongrois, ce qui lui a valu des accusations de plagiat , Dvorak compose des œuvres originales fortement caractérisées.
Les huit premières Danses slaves sont réunies sous le numéro d'opus 46. La version piano à 4 mains, écrite de mars à mai 1878, porte le numéro de catalogue 78. L'orchestration occupa Dvořák d'avril à août de la même année.
Les huit deuxièmes Danses slaves sont réunies sous le numéro d’opus 72.

Opus 46 / 1 : Il s'agit d'une danse de Bohême réservée aux hommes, et par conséquent assez énergique ! Avec la dernière danse de cette opus ce sont les seules danses de l'opus 46 à commencer par un fortissimo et à être menées presto.

Opus 72 / 7 : Cette danse rend un hommage aux Slaves du sud. Ce brillant kolo (ronde) serbe retrouve les éclats endiablés de l'opus 46.

Opus 72 / 8 : Cette dernière danse de la seconde série et de tout le cycle, est une immense surprise.
Dvorak refuse la facilité de terminer son recueil par une pièce spectaculaire. Cette ultime sousedka offre le regard apaisé et philosophe d'un homme proche de la cinquantaine.
Par cette longue pièce délicate et douce-amère, le musicien de Bohême évoque sa jeunesse dans la campagne baignée par la Vltava, les bals du dimanche qu'il a autrefois connus et animés, cette période regrettée où tout le village fêtait dignement et en simplicité la joie d'être ensemble.
Cette musique nous parle du temps qui s'écoule, des proches disparus, de la jeunesse à tout jamais enfuie.


BILLY THE KID (1860 – 1881) Henry McCarty (23/11/1860 – 14/07/1881)

Légende du Far West américain, Billy The Kid a été détourné par le cinéma qui a fabriqué à partir de sa personne un mythe idéal pour les westerns sur pellicule. Après le décès successif de ses parents, Henry MacCarthy fuit l'autorité de son beau-père brutal en devenant cow-boy en Arizona. A peine âgé de 17 ans, il tue son premier homme. Recherché pour meurtre, il s'échappe au Nouveau-Mexique, où il se fait engager par un éleveur de chevaux. Il ne tarde pas à rejoindre le camp des 'Regulators', avec qui la guerre des ranchs fait rage au comté de Lincoln. De là part sa légende : Henry MacCarthy devient Billy The Kid, celui qui n'a pas froid aux yeux et qui s'en tire toujours, en échappant à une embuscade où la plupart de ses complices sont tués. Après avoir éliminé le chasseur de têtes Joe Grant, Billy The Kid se lie d'amitié avec Patrick Garrett.
Mais suite à un diffèrent avec ce dernier, devenu Shérif, il s'enfuit. Rattrapé par la loi, sa pendaison imminente, The Kid n'a pas encore dit son dernier mot et réussit à s'échapper de prison. Mais il succombe à une balle en plein cœur tirée par Garrett. Enterré au cimetière de Fort Sumner, Billy The Kid ignorait que cinquante ans plus tard Hollywood s'emparerait de son histoire.

DANSES HONGROISES Johannes BRAHMS

L'intérêt du musicien pour la musique tzigane fut très précoce : dès l'âge de dix-neuf ans, il accompagna le violoniste hongrois Eduard Reményi à travers l'Allemagne, qui l'initia à la musique de son pays et lui présenta Joseph Joachim. Celui-ci devint par la suite son ami.
Au nombre de vingt-et-une, les Danses hongroises furent composées sur plusieurs années : les six premières furent proposées dès 1867 à un éditeur, qui les refusa. Les dix premières parurent en 1869 dans leur version pour piano à quatre mains. Les dix dernières ont été éditées en 1880.
Elles ne comportent pas de numéro d'opus, le compositeur ne les considérant pas comme des œuvres originales, mais de simples adaptations d'œuvres de musique traditionnelle. Il semble cependant que les thèmes du onzième, quatorzième et seizième soient totalement originaux. Il en existe de nombreuses transcriptions. Seules la première, la troisième et la dixième furent orchestrées de la main du musicien. Antonín Dvorak fit l'orchestration des cinq dernières.
Danse n° 1 en sol mineur (Allegro molto)
Danse n° 20 en mi mineur (Poco allegretto)
Danse n° 21 en mi mineur (Vivace)

Scènes Bohémiennes de « LA JOLIE FILLE DE PERTH » Georges BIZET (1838 – 1875)

L’opéra La jolie fille de Perth est moins connu et souvent considéré comme une oeuvre mineure. Pourtant, à la création au Théâtre lyrique à Paris en 1867, il eu un immense succès, sans doute plus que tous les autres opéras du compositeur.
Il fut écrit entre juillet et décembre 1866. L’action se déroule en Ecosse où une bohémienne se substitue à Catherine pour conquérir le cœur du duc de Rothsay.
C’est de cet opéra que sont extraites les Scènes bohémiennes pour orchestre que OLRAP vous interprète aujourd’hui:
I. Prélude
II. Sérénade
III. Danse bohémienne

DONNER UND BLITZ Johann STRAUSS Jr. (1825 – 1899)

Sous le Tonnerre et les Eclairs

Les musicologues ne semblent pas s'accorder sur la date de première exécution de cette polka rapide écrite en 1868 ainsi que sur le titre initial sous lequel elle fut créée. Il apparaît en outre que des différences d'écriture sont notables entre la partition manuscrite pour piano et l'édition pour orchestre. Ne boudons toutefois pas notre plaisir pour des considérations historico-musicologiques et laissons-nous emporter par le formidable malstrom auquel nous invite Strauss avec cette oeuvre, l'un des plus impressionnantes (et plus connues !) de tout son répertoire par la force énergétique qui s'en dégage.

PIZZICATO-POLKA
Polka pizzicato



Cette oeuvre mondialement connue fait partie des rares travaux que Johann Strauss réalisa en collaboration avec Josef Strauss. Elle fut écrite à l'occasion de la saison de concerts russes que les deux compositeurs donnèrent à Pavlovsk en 1869, et, lors de la première le 24 juin 1869, dut être exécutée 9 fois !
Il faut rappeler que cette polka représente une sorte de nouveauté et curiosité musicale à l'époque puisqu' entièrement jouée en "pizzicato", c'est à dire par pincement des doigts sur les cordes des instruments.
La première à Vienne eut lieu le 14 novembre 1869.

KAISERWALTZER (Valse de l’Empereur)

"La Valse de l'Empereur" est une oeuvre phare de Johann Strauss, oeuvre de plénitude créatrice aussi bien sur le plan mélodique que pour la richesse de son orchestration et se présente comme un sorte d'apothéose du genre. Les mouvements de valse, au large souffle, très caractérisés et encadrés par une introduction et une coda remarquablement développées, semblent dériver les uns des autres. Ils gagnent peu à peu en intensité pour aboutir à une sorte d'épanouissement extatique, faisant la part belle aux cuivres ! Cette valse somptueuse et très populaire fut créée le 21 octobre 1889 à Berlin à l'occasion de la visite que l'Empereur François-Josef rendit au monarque allemand, l'Empereur Guillaune II. L'éditeur Simrock, en fin stratège, suggèra le titre "Valse de l'Empereur", permettant, pensait-il, de satisfaire la vanité de chacun des souverains sans que l'un ne soit défavorisé par rapport à l'autre...Johann Strauss, quant à lui, avait préalablement proposé "Main dans la main". Le destin en a (heureusement !) décidé autrement. Il est vrai que le titre actuel est plus en rapport avec la noblesse de ton de l’œuvre..


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